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jeudi 9 septembre 2010
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Communiqué

François Hollande : "L'imbroglio Proglio"

Blog de François Hollande - 26/01/2010 11:10:00

Depuis plusieurs semaines, la polémique sur la nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF bat son plein. Partie de sa rémunération, elle débouche sur la question du conflit d'intérêt avec Véolia. Sans oublier la retraite chapeau de l'intéressé. Remettons, s'il est encore possible, de l'ordre dans ces choses pour saisir qui en est responsable.

1) EDF est une très grande entreprise publique qui est devenue en 20 ans la première, au monde, dans le secteur de l'électricité. Son premier dirigeant mérite incontestablement des émoluments à la hauteur de cette mission. Et pourtant, tous ceux qui se sont succédés à la tête d'EDF et qui y avaient excellemment réussi n'avaient jamais eu la prétention de gagner jusqu'à 1,5 millions d'euros.
Pourquoi cette soudaine inflation ? Parce que Nicolas Sarkozy est allé chercher le président de Véolia et que la condition que celui-ci a posée pour accepter cette nomination a été le maintien de ce qu'il gagnait chez Véolia. Donc c'est Nicolas Sarkozy qui a changé les codes. Il aurait pu prendre, au sein de l'entreprise EDF, un cadre de haut niveau pour assumer la direction principale. Ou choisir un manager venant du service public lui-même, il en est suffisamment de qualité. Non, il a préféré traiter EDF comme une entreprise du CAC 40 avec les rémunérations qui vont avec, oubliant ainsi son statut public, et même sa mission de service public.

2) La direction d'EDF ne relève pas du temps partiel, c'est une activité à plein temps, qui appelle une attention de la part du titulaire, permanente, exclusive, absolue. Cette tâche suppose de diriger des équipes, d'arbitrer entre des projets d'investissements de plusieurs milliards d'euros, de sceller des alliances à l'étranger, et de définir, avec le gouvernement, la politique énergétique de la France. Comment dès lors, admettre, même pour une fonction non exécutive, une disponibilité dans une grande entreprise de services, comme Véolia, qui dans un premier temps devait être réelle, puisque rémunérée. Là encore, le responsable de cette confusion n'est pas le bénéficiaire, qui, par attachement à l'entreprise dont il fut pendant deux décennies le dirigeant, mais l'autorité qui a toléré cette double commande, en l'occurrence le gouvernement et le président de la République.

3) Vouloir constituer un grand ensemble de services, un champion national qui couvrirait l'énergie, l'environnement, l'eau peut être une ambition industrielle légitime, ce qui suppose alors des participations croisées, voire la constitution d'une holding. Mais faut-il encore l'assumer, le dire, l'organiser, ce qui n'a pas été le cas. Le non-dit, l'implicite, le connivent ont été, en définitive, les maîtres mots de la communication gouvernementale.

4) Dans le débat des retraites qui s'ouvre, a surgi l'information sur le montant de la retraite chapeau dont M. Proglio aurait l'avantage, le moment venu, à savoir 13 millions d'euros. La somme est astronomique. Certes, ce sont les actionnaires de Véolia qui en ont décidé souverainement, et c'est parfaitement légal. C'est bien là le problème. Comment demander un effort à tous ceux qui ont travaillé longtemps pour se constituer par leur travail une petite pension, et accorder un privilège à ceux, hauts dirigeants, qui les détiennent tous. Une fois encore, le responsable n'est pas le bénéficiaire mais le système qui autorise un tel dérèglement.

Derrière l'imbroglio Proglio, le jour se lève sur les confusions, les inégalités, et les contradictions d'un système, d'un gouvernement, de la gestion d'un seul. C'est à lui ce soir de s'en expliquer.

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