Angela Merkel défend un budget 2010 axé sur la sortie de crise
Ambassade d'Allemagne - CIDAL
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17/03/2010 19:15:00
La chancelière Angela Merkel a défendu ce matin le projet de loi de finances de son gouvernement devant le Bundestag, qui doit adopter vendredi le budget allemand pour 2010. Elle a justifié l'ampleur record du déficit (80 milliards d'euros) par les impératifs de la crise économique : le financement du chômage partiel, des plans de relance ou encore d'un surcroît de dépenses sociales étaient des postes incontournables. Ce déficit historique a permis d'investir pour poser les bases d'une croissance nouvelle, a-t-elle expliqué. Mais, désormais, l'enjeu consiste à gérer habilement la sortie de crise et à faire progressivement refluer les déficits.
Sortir de la crise exige une "nouvelle façon de penser"
Surmonter la crise appelle ainsi "une nouvelle façon de penser", a martelé la chancelière. "Nous avons devant nous de difficiles mesures d'économies jusqu'en 2015". Le frein à la dette, désormais inscrit dans la Constitution allemande, va imposer au gouvernement de réduire le déficit public de près de dix milliards d'euros par an à partir de 2011. Le gouvernement va préparer un plan de rigueur en ce sens. Le budget 2010 témoigne d'ailleurs déjà de ce souci de maîtrise budgétaire : le creusement du déficit a été réduit de 5,6 milliards d'euros par rapport au projet de loi de finances présenté à l'automne 2009.
Mme Merkel a dégagé des pistes pour réduire le chômage et favoriser la reprise. D'une part, elle souhaite inciter davantage les chômeurs de longue durée à reprendre un emploi en rendant plus flexibles les possibilités de travailler pour compléter les allocations. De l'autre, elle juge que la modération salariale actuelle est propice à la reprise. Mais elle exige des efforts de tous : "Si des dirigeants d'entreprises s'accordent des augmentations de salaires absurdes dans le contexte actuel, nous nous manifesterons", a-t-elle prévenu. Les retraités aussi devront accepter un gel de leurs revenus.
Priorité à la stabilité de la zone euro
Dans son discours, la chancelière allemande a aussi appelé les autres pays européens à la discipline budgétaire, afin de garantir la stabilité de la zone euro. Elle a réaffirmé que la spéculation n'avait fait que renforcer la crise grecque. La défiance des marchés à l'égard d'Athènes prend sa source dans le non-respect des critères du Pacte européen de stabilité et de croissance pendant plusieurs années, a-t-elle rappelé. À l'avenir, la zone euro aura besoin de nouveaux instruments pour pouvoir exclure des pays qui violent durablement la règle commune, a-t-elle ajouté. La zone euro doit donner la priorité à la stabilité.
Mme Merkel a, par ailleurs, réaffirmé que réduire les exportations allemandes ne constituerait pas une bonne réponse aux défis économiques actuels. Le développement économique de l'Europe ne doit pas se caler sur celui des pays les plus lents, a-t-elle déclaré en réponse à des propos récents de la ministre française de l'Économie, Christine Lagarde.