François Fillon : "La Nouvelle-Calédonie est un laboratoire de la coexistence pacifique entre les cultures différentes"
Premier Ministre - Gouvernement
-
21/07/2010 16:15:00
Après son déplacement au Japon, le Premier ministre a rejoint, le 17 juillet, la Nouvelle Calédonie pour un séjour de deux jours et demi. Par sa présence, il a tenu à réaffirmer, trois semaines après la dernière réunion du Comité des signataires, l'engagement du Gouvernement dans le processus d'émancipation de l'archipel, initié par les Accords de Matignon et de Nouméa. Levée des drapeaux français et kanak, intervention devant le Congrès calédonien et recueillement sur la tombe de Jean-Marie Tjibaou, ont été les temps forts de ce voyage officiel.
Située à 19 000 km de la métropole et à 2 000 km de l'Australie, la Nouvelle-Calédonie est avec la Polynésie et les îles Wallis et Futuna, l'un des trois territoires français situé dans le Pacifique sud. Cet archipel d'une superficie de 19 000 km² est composé d'une île principale, la Grande Terre, des îles Loyauté - Maré, Ouvéa, Lifou et Tiga - à l'est, de l'île des Pins au sud, des îles Belep au nord et d'une multitude d'îles et îlots inhabités. Sa population éclectique de 250 000 habitants est composée de Kanaks, Européens, Polynésiens, Indonésiens et Vietnamiens.
La visite de François Fillon intervient douze ans après celle qu'avait effectuée Lionel Jospin à l'occasion de la signature des Accords de Nouméa. Tout au long de son séjour, le Premier ministre a réaffirmé la fidélité et la loyauté de la France à l'égard de la Nouvelle-Calédonie en évoquant "les moments de tragédie et de fraternité", qui ont marqué l'histoire commune.
Les Accords de Nouméa. Signés le 5 mai 1998 par l'Etat, la droite non-indépendantiste et les indépendantistes, les Accords établissent un nouveau statut pour l'archipel mélanésien en le sortant des territoires d'outre-mer. Dotée d'institutions politiques propres (congrès, gouvernement, sénat coutumier et conseil économique et social) la Nouvelle-Calédonie est devenue compétente depuis le 1er janvier 2000 dans de nombreux domaines auparavant du ressort de l'Etat français. L'Accord de Nouméa prévoit également qu'à partir de 2014, les Calédoniens puissent se prononcer par référendum sur leur avenir institutionnel.
Première levée des deux drapeaux
Dès son arrivée, François Fillon s'est rendu au Haut Commissariat de la République où il a présidé à la levée simultanée du drapeau kanak et du drapeau tricolore. Ce geste hautement symbolique de la reconnaissance d'une double légitimité, intervient deux jours après l'adoption du voeu par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Si la levée de la bannière kanake a été précédée par des chants et des danses traditionnels, c'est avec la Marseillaise que s'est conclue la cérémonie. Symbole des indépendantistes, "le drapeau dessiné par Jean-Marie Tjibaou arbore une flèche faîtière inscrite dans un soleil sur fond bleu, rouge et vert : trois couleurs symbolisant le Pacifique, le sang versé, la terre et la richesse du pays", a commenté le président du Conseil coutumier de la région Hootm'a Whaap.
Le Premier ministre s'est ensuite rendu place Bir-Hakeim pour assister aux honneurs militaires et déposer une gerbe au monument aux morts. Durant les deux guerres mondiales, les Calédoniens participèrent à l'effort national : pendant la Première Guerre, un contingent de 2 170 hommes, s'associa au bataillon du Pacifique ; dès 1940, la Nouvelle-Calédonie rallia la France Libre pour combattre sur les fronts d'Afrique du Nord et d'Europe.
Accompagnement de l'Etat dans le transfert des compétences
En fin de matinée, François Fillon s'est entretenu avec Philippe Gomes, président du Gouvernement calédonien. Les deux hommes ont ensuite signé devant la presse une convention fixant les mesures qui accompagneront les transferts de compétences en matière d'état civil et de droit civil et commercial. Sur le transfert de l'éducation, prévu en 2012, les deux parties ont engagé des discussions.
Cette journée s'est conclue par un autre geste fort : la première prise de parole d'un Premier ministre devant le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. A cette occasion, François Fillon a rappelé que l'Etat maintiendrait son niveau d'engagement financier dans les nouveaux contrats de développement : effort significatif dans un contexte de redressement des finances publiques.