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samedi 19 mai 2012
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Communiqué

Jean Marc Chataigner, ambassadeur de France à Madagascar : il faut rétablir les faits

Ambassade de France à Madagascar - 09/06/2011 07:00:00

Position française : DROIT DE REPONSE A LA TRIBUNE
La Tribune 26 mai 2011

Monsieur le Rédacteur en Chef

J'ai pris connaissance dans votre édition du mercredi 18 mai dernier de la tribune libre (« Political gangsterism rules in Madagascar ») que vous avez bien accordée à M. Mann, qui se présente comme ancien «conseiller du Président Marc Ravalomanana».

Au vu des propos à charge tenus contre la France, je souhaite réagir sur quelques points afin de rétablir les faits et démentir avec la plus grande fermeté les allégations mensongères dénaturant la position française relative à Madagascar.

J'ai eu l'occasion de rappeler à maintes reprises, souvent par voie de presse auprès de vos confrères de journaux de différents bords (et y compris dans un entretien que j'avais accordé à votre rédaction le 27 mars 2010), le fait que la France n'était en rien liée, de près ou de loin, à la crise politique intérieure qui a conduit Marc Ravalomanana à la démission et au départ en exil le 17 mars 2009. Au contraire, la France a entretenu de bonnes relations de coopération avec l'ancien Président et ses différents Ministres, de 2002 à 2009. M. Ravalomanana a été reçu à Paris, Saint-Denis de la Réunion et à Strasbourg au cours de ses deux mandats. Il avait accordé un accueil chaleureux au Président Jacques Chirac en visite d'Etat à Madagascar en 2005. Je suis en outre reconnaissant à M. Ravalomanana d'avoir accepté ma désignation en qualité d'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française à Madagascar, et signé les documents nécessaires le 10 mars 2009.

Nous avons constamment poursuivi notre coopération et notre aide au développement au bénéfice de la population de Madagascar pendant cette période. Je conserve aujourd'hui résolument ce cap, avec l'ensemble des acteurs politiques, culturels et économiques malgaches, y compris avec un certain nombre de dirigeants du TIM et de proches de l'ancien Président Marc Ravalomanana, avec lesquels il ne m'a pas été difficile de nouer des relations empreintes de respect et de cordialité.

Je m'inscris donc en faux contre les assertions non étayées et purement mensongères d'ingérence française dans les affaires malgaches voire, encore plus, « la corruption de la médiation de la SADC vers la vision française ». L'automne dernier, la médiation de la SADC a eu divers échanges avec la communauté internationale (la France mais aussi les Etats-Unis par exemple) afin d'avoir un large éventail de suggestions sur lesquelles réfléchir. C'est à partir de ces contributions mais aussi et surtout des multiples rencontres avec les parties malgaches (partis politiques, société civile) qu'un projet de feuille de route a été élaboré puis amendé, pour aboutir au paraphe du 9 mars à Ivato. Comme l'ensemble de la Communauté Internationale, la France soutient cette initiative de la médiation de la SADC, et attend les résultats à venir de la réunion de Gaborone.

Quoiqu'il en soit, une perpétuation de la crise et le maintien de l'instabilité ne peuvent profiter à personne. Face à l'urgence de la dégradation de la situation économique et sociale, un état de fait qui nous préoccupe sérieusement, notre coopération orientée vers les secteurs humanitaires et sociaux s'est maintenue. Peut-être que M. Mann voit en cette aide à la population malgache le « financement de la faillite du régime», mais je puis vous assurer qu'il se trompe totalement. Notre aide à Madagascar est une aide à la population malgache. La reprise par l'auteur à son compte de la rumeur, bien sûr totalement invraisemblable et ridicule, de l'existence d'un soi-disant «bureau de l'Ambassadeur de France au palais présidentiel» me conduit d'ailleurs à m'interroger sur sa compétence réelle et sa déontologie.

Ce que je souhaite pour Madagascar, ce que la France souhaite, c'est un dénouement de la crise politique le plus rapide possible par l'organisation d'élections libres, équitables, crédibles et transparentes aux résultats incontestés. Cela ne réglera sans doute pas l'ensemble des problèmes du pays, mais permettra à tout le moins à la nation malgache de retrouver une base politique stable. La France tient ainsi une position cohérente depuis 2009, celle de faciliter la recherche, par les Malgaches eux-mêmes, d'une solution à la crise politique qui secoue la Grande île et qui n'a que trop duré.

Je vous serai reconnaissant de bien vouloir porter ce droit de réponse à la connaissance de vos lecteurs.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Rédacteur en Chef, l'assurance de ma considération distinguée.

Jean-Marc CHATAIGNER

Position française : DROIT DE REPONSE A LA TRIBUNE
Monsieur le Rédacteur en Chef La Tribune Antananarivo