Aides à la presse : un petit club très fermé !
Syndicat National des Journalistes (SNJ)
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22/07/2011 00:00:00
Le "bilan de l’instance de concertation sur les aides à la presse" est un modèle du fameux "Gala organisé au profit des organisateurs de gala" de l’humoriste du siècle dernier, Fernand Raynaud.
Sous des annonces plutôt ronflantes, la vérité est bien visible : tout changer pour, surtout, ne rien changer.
Les trois parties de cette œuvre inoubliable sont à lire pour qui aime la langue de bois !
Pour "Une gouvernance rénovée", lisez bien qu’il s’agit de créer une "Conférence des Editeurs de Presse" qui viendra en appui de l’existant où ces mêmes éditeurs font déjà la pluie et le beau temps.
Pour "Des instruments plus efficaces", lisez bien qu’il s’agit de collecter et d’organiser encore mieux la distribution de l’argent public au profit des mêmes.
Pour "Un partenariat renouvelé", lisez bien qu’il s’agit, là aussi, d’obtenir toujours plus de l’Etat sans donner de garanties.
Rien de neuf donc et encore une occasion ratée pour que les aides à la presse servent le pluralisme et la démocratie. Faut-il s’en étonner, quand on sait que cette instance, présidée pourtant par un haut magistrat, réunissait la fine fleur des patrons de presse écrite et aucun représentant des salariés y œuvrant. Le SNJ a été auditionné à la suite de sa prise de position publique sur la question. Il y a été écouté, sinon entendu, très poliment.
Pas une seule de ses propositions, pas une seule de ses remarques ne semble avoir été prise en compte.
Nous rappelons nos exigences :
Remise à plat de toutes les aides et transparence des critères d’attribution.
Conseil d’administration rénové de l’organisme de décision de ces aides, avec sièges réservés à des représentants des journalistes et autres travailleurs de presse.
Critères d’observance des principes professionnels et des lois sociales pour bénéficier de l’argent public.
Fin des abus de la précarité au sein des rédactions : CDD à la place des CDI, stagiaires remplaçant des titulaires et autres faux correspondants de presse, en réalité vrais journalistes.
Publication annuelle des comptes et composition du capital.
La France est le pays où les aides, directes et indirectes, à la presse sont les plus importantes. Mais le constat est le même, depuis des années : plus il y a d’argent distribué et plus les rédactions sont "malades" d’hémorragies successives qui vident de leur substance de nombreux titres et les conduit à une disparition inéluctable. Il faut en finir avec ce cercle vicieux et rénover vraiment ce système qui vit de l’argent public !