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Communiqué

France-Inde : coopération sur une étude sur le cycle de l'eau

Météo France - 10/10/2011 18:00:00

Fruit d'une collaboration franco-indienne, le premier satellite d'observation du cycle complet de l'eau dans l'atmosphère sera lancé le 12 octobre 2011. Megha-Tropiques (« megha » signifie « nuage » en hindi) doit être mis en orbite par le lanceur indien PSLV depuis la base de Sriharikota (Inde), en bordure du Golfe du Bengale.

D'un poids d'une tonne environ, il embarque à son bord une panoplie d'instruments micro-ondes capables de « traverser » les nuages. Il peut observer dans le détail la structure des nuages et des cyclones contrairement aux satellites météo infra-rouge, selon les responsables français de la mission du Centre national d'études spatiales (CNES). Le satellite fournira des observations en temps réel aux agences météorologiques du monde entier, et permettra d'améliorer les prévisions sur l'évolution des cyclones et les risques d'inondations.
Son orbite très faiblement inclinée (20 degrés au-dessus de l'Equateur) et son altitude élevée (865 km) lui permettront de passer fréquemment au-dessus de la ceinture tropicale, explique Didier Renaut, directeur des programmes atmosphère, météo et climat au CNES. Alors que les satellites classiques en orbite polaire se contentent en moyenne de deux passages par jour, le satellite franco-indien effectuera jusqu'à six observations par jour dans chaque point de la zone comprise entre 25 degrés Nord et 25 degrés Sud.

Cette mission a été conçue en 2004 pour étudier le cycle de l'eau atmosphérique et les échanges d'énergie du système Terre-océan-atmosphère dans les régions intertropicales. Ces régions reçoivent en moyenne plus d'énergie du Soleil qu'elles n'en renvoient vers l'espace, l'énergie excédentaire étant ensuite transportée vers les régions tempérées et polaires par les mouvements de l'atmosphère et des océans. Toute modification de ce bilan énergétique tropical a donc des répercussions sur le climat global de la planète.
« La première conséquence du réchauffement climatique c'est une augmentation de l'humidité dans les basses couches de l'atmosphère », ce qui risque d'entraîner un bouleversement du cycle hydrologique et de la répartition des pluies sur la planète, explique Rémy Roca, responsable scientifique de la mission. Megha-Tropiques vise à mieux comprendre ces phénomènes climatiques en surveillant notamment « l'effet de serre atmosphérique » mais aussi le fonctionnement des orages tropicaux tout au long de leur vie.