Michel Laclotte, créateur du Grand Louvre, est décédé à 91 ans

Michel Laclotte était à l'origine des constructions du Grand Louvre, du Musée d'Orsay. Il est décédé à 91 ans.

Michel Laclotte a été directeur du Louvre. Il y supervisait une grande partie des rénovations historiques. Auparavant, il était conservateur en chef des peintures le Musée d’Orsay (le musée-dans-une-gare). Pour lequel, il s’est battu. La Pyramide du Louvre en verre et le musée d’Orsay sont les deux projets architecturaux les plus controversés du XXe siècle à Paris. Michel Laclotte est décédé le 10 août à Montauban, Tarn et Garonne, dans le sud de la France. Il s’est éteint à 91 ans.

 

Michel Laclotte et le musée d’Orsay

M. Laclotte a dû se battre pour le musée d’Orsay en 1972. En effet, le gouvernement avait démoli les bâtiments du marché centenaires des Halles. Cela avait déclenché une révolte chez les conservateurs d’art et artistes français.

La gare d’Orsay, située sur la rive gauche de la Seine, a connu le même sort. Mais M. Laclotte a eu une révélation : transformer cet énorme et exubérant bâtiment musée.

Lui et ses collègues ont décidé d’étendre le Jeu de Paume (collection de peintures impressionnistes)  à d’autres œuvres du XIXe siècle. Pour cela, M. Laclotte avait besoin de plus d’espace, beaucoup plus!  La gare semblait parfaite pour cela.

Mais il y avait d’autres projets dans l’air : faire de la gare d’Orsay un hôtel, ou même un Grand magasin. M. Laclotte a dû se battre pour son projet.

Il va alors voir le ministre chargé de donner son feu vert au projet et lance son plaidoyer : 

Monsieur le ministre, il faut choisir entre Cézanne et Reblochon.

Le Reblochon a perdu.

Il faudra alors plus de 10 ans avant l’ouverture du musée d’Orsay, en 1986. L’architecte italien Gae Aulenti a modifié sa décoration intérieure. Il parie alors sur un espace industriel. Effectivement, l’essentiel se compose en deux galeries en pierre brute, que certains critiques comparent à une salle funéraire. 

Les critiques mitigées 

Paul Goldberger du New York Times les galeries ressemblent à des bunkers. Ou encore, à une « version vaguement égyptienne de l’architecture postmoderne ». Certains critiques d’art critiquent la collection elle-même, sur l’ajout d’œuvres du milieu du XIXe siècle à des impressionnistes. 

En tout cas, le public était au rendez-vous. M. Laclotte écrit dans ses mémoires :

La bataille était gagnée. Le musée a suscité plaisir, intérêt et débat intellectuel, exactement comme nous l’avions souhaité.

Cependant, le débat autour du musée d’Orsay était timide par rapport au projet du Grand Louvre, quelques années plus tard.

 

M. Laclotte à l’origine du Grand Louvre

Le vaste palais du Louvre était alors décousu. Pourtant réputé à l’international pour être la maison de la Joconde. Il était cependant étroit, crasseux et désorganisé.

Le ministère des Finances avait repris une aile du musée pour en faire un dédale de bureaux. La cour centrale du Louvre, la cour Napoléon, était un parking le jour et un lieu de drague gay la nuit. En 1981, François Mitterrand, chef du Parti socialiste est élu président de la république. Il donne alors son feu vert pour la rénovation.

Émile Biasini, l’administrateur qui supervise le projet, choisi Ieoh Ming Pei comme architecte. Son plan : une pyramide en verre, moderniste et époustouflante. Elle serait construite dans la cour centrale. 

M. Laclotte a fait confiance à l’architecte, car il était à l’origine de l’extension de la « National Gallery of Art » à Washington. L’œuvre était pourtant à son début critiquée par le monde entier.

 

 

M. Laclotte et la « Pyramide du Pharaon François »

Pire encore, pour de nombreux Parisiens, il s’agissait d’un objet laid, conçu par un étranger. Considéré comme la « pyramide du Pharaon François Mitterrand », ou même une profanation. 

Un chauffeur de taxi, lui dit un jour :

Ce que vous faites est criminel !

La pyramide de M. Pei a ouvert ses portes en 1989. Puis le musée entièrement rénové a rouvert en 1993.  M. Laclotte prend sa retraite l’année suivante.

M. Rosenberg, son successeur, a dit de lui :

 Il a créé le Louvre moderne. L’image de Paris ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans lui.

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