Petrit Halilaj : un garçon dans une zone de guerre

Petrit Halilaj : un garçon dans une zone de guerre

Lorsque Petrit Halilaj avait 13 ans, c’était un réfugié de la guerre du Kosovo. C’est alors, qu’un groupe de psychologues italiens est venu dans son camp en Albanie et lui a donné des feutres.

 

Les dessins de Petrit Halilaj : tombes, cadavres et soldats

Petrit Halilaj dessina alors de nombreuses images flamboyantes et enfantines. Mais leurs sujets étaient loin d’être colorés. Dans l’un, il s’agissait de chars faisant exploser une maison familiale. Dans un autre, une grande tombe.

D’autres dessins montraient des soldats debout au-dessus de cadavres, avec des fusils ou des couteaux ensanglantés brandis pour célébrer leurs trophées.

Des psychologues ont passé une quinzaine de jours dans le camp, en 1999. Pour essayer d’aider les enfants à gérer leur traumatisme pendant la guerre. Au cours de laquelle des rebelles albanais de souche se sont battus contre les troupes serbes.

Pour P. Halilaj, ces traumatismes étaient nombreux. Les forces serbes ont brûlé sa maison. Mais aussi capturé son père. Sa famille a ainsi fui le Kosovo, d’un lieu à l’autre, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans le camp en Albanie.

Les psychologues ont été impressionnés par les images agitées de Halilaj. Mais pas seulement. En effet, l’enfant a été interviewé par des journalistes lors d’un reportage au camp. Et l’enfant a déclaré à l’intervieweur suédois à l’époque que son sommeil était interrompu par des cauchemars.

Je me sens plus heureux quand je passe du temps à dessiner.

 

P. Halilaj 20 ans plus tard

Aujourd’hui, plus de 20 ans plus tard, Petrit Halilaj (prononcé Ha-lee-LYE) est une figure montante du monde de l’art européen. Dont le travail a été exposé à la Biennale de Venise et dans des musées du monde entier.

Dans sa dernière exposition, à la Tate St. Ives, en Angleterre, Halilaj est revenu sur les dessins agités qu’il a dessinés lorsqu’il était enfant. Son travail englobe la sculpture, la vidéo, le dessin et le texte, ainsi que les tissus et matériaux traditionnels.

L’artiste revisite 38 dessins d’enfance qu’il a réalisés dans le camp de réfugiés de Kukës II. L’environnement immersif de Halilaj combine les images qui l’ont accompagné pendant le conflit.

On peut y admirer des paysages agricoles poignants, des oiseaux et des animaux. Le tout entremêlé de scènes de guerre et de violence. L’exposition « Très volcanique sur cette plume verte » révèle la relation compliquée de la vérité et de l’imaginaire. Mais aussi les perspectives souvent différentes entre les histoires officielles et les expériences vécues.

Vous pouvez visiter l’exposition jusqu’au 16 janvier.

 

Halilaj a aujourd’hui 35 ans, il déclare qu’il était revenu sur les dessins l’année dernière et qu’il avait été surpris par ce qu’il avait accompli.

Au milieu de la violence, j’ai vu tous ces oiseaux, des paons et des flocons. Et ils étaient aussi gros que les soldats.

J’ai pris l’espace pour dessiner des paysages qui m’ont calmé.

C’était comme si je disais :  Oui, c’était affreux, mais je peux aussi rêver et aimer. 

 

 

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