La crise énergétique pourrait-elle alimenter l’innovation en matière de mobilité ?

Tandis que les prix du carburant et de l’énergie s’envolent à la suite d’un rebond de l’épidémie de Covid-19, et face aux ruptures d’approvisionnement forcées par l’invasion russe de l’Ukraine, de nombreux analystes du secteur cherchent des significations. Non seulement pour les ménages et les fabricants, mais également pour le secteur de la mobilité au sens large.

 

Les voitures à carburant font face à un double coup dur

Au milieu de la hausse des prix du carburant, et avec des gouvernements européens cherchant à éliminer progressivement la vente de véhicules à moteur à combustion interne dans les 10 à 15 prochaines années, les automobilistes ressentent la pression.

Une période prolongée de hausse des prix du carburant pourrait conduire à des changements importants dans le secteur de la mobilité. Les automobilistes réévaluant le coût de possession et de conduite des voitures. A cela s’ajoutent les préoccupations croissantes concernant la sécurité énergétique, qui pourraient également accélérer la transition vers de nouveaux modes et infrastructures de mobilité. Et le développement de chaînes d’approvisionnement plus locales.

Ce qui reste inconnu, c’est le temps que demeureront ces prix plus élevés. Et si les consommateurs seront suffisamment avertis pour évaluer un changement à long terme ou simplement un phénomène à court terme.

Si la crise du carburant devenait un problème à moyen ou long terme, elle pèserait probablement plus lourdement sur le portefeuille des consommateurs. Ce qui pourrait signifier de grands changements à venir dans la mobilité.

 

Le retour du covoiturage ?

Alors que l’essor des services de covoiturage semblait inévitable dans un monde pré-pandémique, ces modes de transport et d’autres plus traditionnels tels que les bus et les trains ont été durement touchés par la Covid-19.

Pourtant, tandis qu’un certain sens de la normalité revient, une période prolongée de prix élevés du carburant pourrait remettre en question la logique actuelle. Payer pour le stationnement ou l’entretien des voitures particulières dans nos villes par exemple. Et ouvrir de nouvelles opportunités dans des domaines comme le covoiturage.

Il faut dire que certaines voitures restent largement sous-utilisées durant la journée, ou ne sont utilisées que le week-end. Difficile alors de voir la possession de voitures dans les villes augmenter. En particulier face à la hausse du coût des garages et des places de parking.

Et si les gens commencent à se sentir plus à l’aise avec la mobilité via les transports en commun, le covoiturage pourrait être davantage ciblé. Et devenir un secteur propice à de nouveaux investissements, les véhicules électriques constituant une piste de développement certaine. Certains objectifs gouvernementaux pour les ventes privées de véhicules électriques devraient être atteints sans incitations et investissements publics plus importants.

 

La part de l’électrique

Dans les marchés hautement développés comme les États-Unis, il existe actuellement un nombre limité, voire inexistant, de véhicules électriques abordables pour les classes moyennes et inférieures. Cela freinera la pénétration des véhicules électriques , en dehors de la population à revenu élevé qui peut se le permettre.

En revanche, dans les grands marchés émergents comme la Chine, les modèles de véhicules électriques couvrent tous les niveaux de prix. Aux États-Unis dès lors de proposer des options plus abordables. Pour permettre aux groupes démographiques à revenu moyen de participer à la transition vers la mobilité électrique.

Davantage d’investissements dans les infrastructures seraient d’ailleurs nécessaires pour soutenir la croissance du marché. Dans l’état actuel des choses, il est encore difficile de trouver des points de recharge pour les véhicules électriques en ville. Que se passerait-il si leur croissance se faisait exponentielle ?

Au-delà de la propriété privée, les véhicules électriques joueront un rôle majeur dans les réseaux de covoiturage du futur. Certaines entreprises de mobilité cartographiant déjà nos réseaux de transport à venir.

Au cours de la prochaine décennie, le paysage de la mobilité devrait radicalement changer. Les modèles commerciaux performants du futur pourraient générer des niveaux de revenus élevés pour les entreprises qui y participeront.

Qu’il s’agisse de véhicules autonomes ou de fabrication de batteries pour véhicules électriques. Le secteur de la mobilité continue de détenir un potentiel d’investissement important. Il existe d’énormes possibilités de développement d’infrastructures de mobilité. Energie hydrogène, nouveaux réseaux électriques intelligents, batteries à semi-conducteurs… Même dans le domaine des transports publics. Train, métro, bus nécessiteront tous probablement la contribution d’entreprises privées, générant de nouvelles opportunités d’investissement.

Affaire à suivre !

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