Des braconniers munis de fusil à lunettes et de silencieux arrêtés en Espagne

Des braconniers munis de fusil à lunettes et de silencieux arrêtés en Espagne

Deux braconniers marchent sur le sentier du Maeso de La Pedriza. L’une des voies les plus célèbres du parc national de la Sierra de Guadarrama, tout près de Madrid. Où la chasse est naturellement interdite.

 

Les braconniers arrêtés 

Les hommes portent quatre boucs de montagne mâles, en possession des cornes, à peine cachés. Deux dans leurs sacs à dos et deux dans leurs mains. Dans l’un des sacs à dos, ils cachent également un fusil à un coup et un silencieux.

Les braconniers présumés, âgés de 36 et 29 ans, sont venus d’Andalousie. Ils habitent à Séville et à Baena. Bien qu’ils reviennent de la montagne au coucher du soleil, ils ne savent toujours pas que la journée ne va pas bien se finir.

En effet, un randonneur a sonné l’alerte. Et deux policiers locaux de Manzanares el Real les attendent,  posté derrière un rocher.

Les deux chasseurs ont été aperçus sur la route à 22 h 30. Les agents les retiennent alors, jusqu’à l’arrivée de la Garde civile. Ils sont soupçonnés de braconnage  et autres dégradations.

Bien que cela puisse surprendre, ce type de braconnage n’est pas rare en Espagne. Comme le reconnait un porte-parole du Service de protection de la nature de la Garde civile (Seprona) :

Il est de plus en plus courant de trouver des cas où les braconniers utilisent des techniques secrètes. Ainsi que du matériel technologique.

Ces méthodes sont plus typiques des techniques militaires avec des armes modifiées. On retrouve des fusils à lunettes, équipés d’un viseur télescopique ou des silencieux. 

Comme le prévient le Seprona, ce type de braconnage pour chasser des trophées attire des organisations et groupes criminels. Tout autant que pour des raisons économiques, de revente d’espèces rares au marché noir.

Pour analyser le délit, le Seprona doit prendre en compte plusieurs critères. On doit tenir compte du but, du niveau de préparation ou de professionnalisme. La préméditation est aussi un paramètre important.

 

Plus qu’un braconnier, c’est toute une organisation

C’est tout un groupe qui est démantelé. En effet, 10 personnes âgées de 22 à 71 ans préparaient une chasse illégale au cœur du parc national de la Sierra Nevada.

Le braconnage est un problème majeur. Car il affecte tous les types de faune. Et peut ainsi créer des déséquilibres dans toutes les espèces et les écosystèmes. 

La police enquête pour retrouver les criminels. Mais aussi les corps des animaux blessés ou tués et les trophées de gibier. Elle est particulièrement sévère lorsqu’il s’agit d’espèces en voie de disparition. Comme l’ours ou le lynx.

L’année dernière, le Seprona a arrêté plusieurs personnes présumées coupables de la mort de deux lynx ibériques. Dont l’un a été noyé et l’autre tué par balle. 

Ce sont des alpinistes qui ont vu les braconniers présumés et avertie les gardes. La Garde civile a repéré leur SUV. Il était simplement garé au départ du sentier.

On pensait que ce serait comme chercher une aiguille dans une botte de foin, car La Pedriza est un labyrinthe. Plein de chemins, de falaises et de recoins. Mais ils ont décidé d’emprunter un chemin qui est très fréquenté.

S’étonne encore l’un d’eux.

La police locale les a alors arrêtés.

 

Víctor Nava, le chef de la police locale de la ville, assure :

Il y a des moments où des coups de feu se font entendre. Car le sol est comme une cuvette et raisonne.

 

Manque de moyen pour lutter contre le braconnage

Les autorités n’ont pas assez de moyens pour s’attaquer au problème. Le maire, José Luis Labrador, s’inquiète du danger du braconnage. Mais plus généralement, du manque de personnel pour surveiller l’environnement.

Les gens sont nombreux et toujours là. Surtout le week-end.

Explique-t-il.

Le directeur du parc national de la Sierra de Guadarrama, Pablo Sanjuanbenito, ne croit pas que le braconnage dans cette zone protégée soit très répandue. Mais cela reste un gros souci.

Le parc a un problème de surpopulation de bouquetins avec 6 000 spécimens dans la région de Cuerda Larga et La Pedriza. Ce qui peut amener les braconniers à penser qu’ils participent activement à l’environnement.

Or, cela n’aide pas du tout la gestion des ressources naturelles. Au contraire, c’est préjudiciable à la population caprine car ils partent à la recherche des meilleurs mâles. Un nouveau plan de gestion de l’espèce est actuellement en cours d’élaboration. Car le précédent a été paralysé suite à une plainte du parti des droits des animaux PACMA.

 

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