Piste évolutive : Du ski durable dans les Alpes françaises

« Des études prédisent qu’avec le changement climatique, le ski pourra se faire ici sous sa forme actuelle jusqu’en 2050… » Ces paroles, ce sont celles de Patrick Arnaud, gérant du Domaine skiable de Serre Chevalier dans les Alpes françaises. Une date qui nous apparaît comme étonnamment proche.

 

L’incompatibilité du ski et de la préservation de l’environnement

Le ski, bon pour l’environnement ? C’est à chaque fois un non catégorique.

Il y a d’abord la façon dont on accède aux stations. Par voiture souvent, ou via des vols court-courriers émetteurs de carbone. Ensuite, il y a le type de travail effectué sur la montagne afin de la rendre adaptée aux skieurs. On parle de déforestation, de « toilettage » des pistes à l’aide de véhicules à moteur diesel, de l’exploitation de télésièges pour faire remonter les pistes.

Et puis, il y a la démocratisation des canons à neige destinés à créer de la neige artificielle pour palier la hausse des températures. Ce qui émet plus de carbone à travers l’atmosphère, aggravant finalement le problème.

Pourtant, comme nous le montre la station de Serre Chevalier, il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi.

Accessibles par train couchette depuis Paris, puis par bus, les quatre centres de Serre Chevalier que sont Briançon, Chantemerle, Villeneuve la Salle et Le Monetier-les-Bains se sont engagés à faire de leur mieux pour réduire leur empreinte carbone d’ici 2030. Une décision prise entre 2020 et 2021, alors que la station s’apprêtait à célébrer ses 80 ans d’existence. Et puis la Covid a frappé, les touristes se sont fait rare et Serre Chevalier a choisi de faire évoluer ses plans environnementaux.

La bonne idée ? Produire 30% de tout l’approvisionnement en électricité soi-même d’ici 2023.

 

Tout le monde a dit que nous étions fous, que c’était impossible. Mais maintenant nous sommes sur la bonne voie pour dépasser ce chiffre.

Patrick Arnaud avait expliqué que les stations de ski étaient les endroits les plus faciles à convertir aux énergies renouvelables. Elles disposent de 300 jours d’ensoleillement par an, sont parcourues de vents forts. Et les ruisseaux déjà canalisés pour les canons à neige peuvent être exploités pour produire de l’hydroélectricité (ce qui représente ici 80% de toutes les énergies renouvelables). Et pour tout installer, il n’est pas nécessaire d’abattre des arbres, car l’infrastructure est déjà là.

En gagnant en hauteur, il n’est pas difficile de remarquer les panneaux solaires scintillants sur les toits des télésièges. Ils sont si efficaces en hiver, grâce à l’intensité du soleil se réfléchissant sur la neige, que les télésièges produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Au loin, des éoliennes se découpent dans le paysage. Une autre des énergies renouvelables de la station de ski, alimentant de nombreux mécanismes.

« Le toilettage représente 90% de notre consommation d’énergie », indique Patrick. La plupart des pistes sont hybrides, diesel et électrique depuis 2012. Avec le plan d’être électriques et hydroélectriques d’ici 2030. 

 

Des services écoresponsables

Plus bas dans les petits villages de la station, ont également fleuri des logements plus responsables. C’est le cas du Gîte Le Rebanchon situé à Casset, à l’extrémité nord de Serre-Chevalier. Bien que situées plus loin des pistes, les chambres sur le thème de la montagne y sont confortables et le label Eco Gite de l’hôtel dénote un engagement à préserver les ressources naturelles, à utiliser des énergies renouvelables et à s’approvisionner en produits naturels, locaux et recyclables.

Une courte marche vous mènera à Trinquet des Boussardes, un tout nouveau restaurant certifié Ecotable, où le propriétaire Nicolas Boutard cuisine sur un feu ouvert des produits frais, de saison et locaux.

Quant aux activités respectueuses de l’environnement, elles sont multiples, et à essayer sans hésiter ! 

On pense au ski joëring bien sûr, qui consiste à s’atteler à un cheval et à être tiré à grande vitesse. A la tyrolienne d’1,1 km. A la randonnée guidée en raquettes dans la forêt du parc national des Écrins, qui se poursuivra par une soirée dans des tipis accompagnée d’une fondue à base de fromage local.

Nous proposons normalement cette expérience dans un igloo, mais il faisait trop chaud et il a déjà fondu,

regrette Laura, l’accompagnatrice.

En termes de durabilité, Serre-Chevalier veille non seulement à produire sa propre électricité, mais aussi à réduire sa consommation. On prévoit déjà de faire fonctionner les remontées mécaniques plus lentement lorsqu’il n’y a pas de files d’attente et d’utiliser les canons à neige avec parcimonie, sans impact sur satisfaction du client.

Nous ne faisons pas cela pour Chevalier, nous le faisons pour la planète. Si toutes les stations procédaient à ce changement, imaginez la différence que cela ferait.

De quoi assurer la survie de ces paradis hivernaux bien après 2050.

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