Enquête sur les allégations de torture du chef émirati d’Interpol

Le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête préliminaire sur des actes de torture et de barbarie supposément commis par le général émirati Ahmed Nasser al-Raisi. Raisi est devenu, en novembre, le président d’Interpol.

L’enquête fait suite à une plainte déposée par une ONG. Celle-ci accuse Raisi d’être responsable, dans son rôle de haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur des Émirats arabes unis, de la torture d’une personnalité de l’opposition.

 

Raisi face aux droits de l’Homme

Le Gulf Center for Human Rights (GCHR) tient Raisi responsable du traitement inhumain d’Ahmed Mansoor, un opposant au gouvernement émirati. L’organisme a déposé sa plainte en janvier auprès de l’unité des procureurs antiterroristes.

D’autres groupes avaient déjà porté des allégations de torture contre Raisi, lorsque celui-ci s’était présenté à la présidence d’Interpol. Affirmant qu’ils craignaient que l’agence ne soit exploitée par des régimes répressifs.

Raisi a néanmoins été élu président en novembre après un généreux financement des EAU. Une élection à l’issue de trois tours de scrutin au cours desquels il recueillera 68,9 % des suffrages exprimés. Son rôle reste en grande partie cérémoniel, le secrétaire général Jürgen Stock s’occupant de la gestion quotidienne de l’organisation.

D’autres accusations affirment toutefois qu’Abu Dhabi aurait abusé du système d’Interpol afin de persécuter les dissidents politiques. Raisi pourrait désormais être poursuivi pour crimes contre l’humanité, génocide et crimes de guerre.

Il est totalement incompréhensible que les procureurs n’aient pas immédiatement ordonné l’arrestation de Raisi étant donné qu’il se trouve en France,

s’étonne William Bourdon, avocat de haut niveau agissant pour le GCHR. 

Les accusations sont en effet suffisantes pour lever l’immunité diplomatique de Raisi. Dont il bénéficie grâce à un accord entre l’Etat français et Interpol.

 

Une enquête en cours

Le patron du GCHR, Khalid Ibrahim, a déclaré avoir été interrogé par la police française le 18 mars. « Je leur ai dit que le procureur français était très lent à prendre des mesures concernant les allégations très graves de torture contre le général Ahmed Naser Al-Raisi. »

Deux plaintes précédentes contre Raisi avaient été rejetées pour des motifs de compétence par les procureurs français. Qui ont déclaré qu’ils ne pouvaient poursuivre que si l’accusé résidait en France de manière permanente ou temporaire.

Mais dans son dernier dossier, l’ONG a pu montrer que Raisi était à Lyon en janvier. Puis à nouveau en mars, utilisant son activité sur Twitter comme preuve.

Dans une précédente plainte contre Raisi, le Britannique Matthew Hedges avait déclaré avoir été détenu et torturé entre mai et novembre 2018 aux Émirats arabes unis. Après avoir été arrêté sous de fausses accusations d’espionnage lors d’un voyage d’étude.

Mansoor, quant à lui, est détenu depuis 2017 dans une cellule de quatre mètres carrés. Sans matelas ni protection contre le froid. Sans accès à un médecin, à l’hygiène, à l’eau et aux installations sanitaires. Alors qu’il purge une peine de 10 ans pour avoir prétendument menacé la sûreté de l’État, selon ses avocats.

Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a rejeté les plaintes concernant les conditions de détention de Mansoor, les décrivant comme sans fondement.

Les Émirats arabes unis ont fait don de 54 millions de dollars à Interpol en 2017. Soit presque l’équivalent des contributions requises de l’ensemble des 195 pays membres de l’organisation, qui s’élevaient à 68 millions de dollars en 2020.

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