Guerre en Ukraine : Le retour de l’alliance Grande-Bretagne/UE

Il aura fallu l’invasion d’une nation souveraine. Le bombardement de ses villes et le plus grand défi sécuritaire du continent depuis des décennies pour que cela se produise. Mais pour la première fois depuis des années, la Grande-Bretagne et l’Union européenne travaillent à nouveau ensemble.

Vendredi, la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a assisté à une réunion des ministres de l’Union européenne à Bruxelles pour discuter de la crise en Ukraine. Une décision qui, avant le Brexit, aurait été routinière. Mais qui souligne désormais un rapprochement frappant.

 

La Grande-Bretagne après le Brexit

Au lendemain de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, les relations entre les deux parties ont dégénéré en discorde, méfiance et tirs embusqués.

Mais face à la guerre en Ukraine et aux problèmes qui en résultent, le gouffre ouvert par le Brexit commence à se réduire.

Depuis deux ans que je suis ici, je ne pense pas avoir vu une telle intensité et une telle qualité dans nos relations qu’au cours des deux dernières semaines,

a déclaré João Vale de Almeida, ambassadeur de l’Union européenne en Grande-Bretagne.

Le nouveau climat de coopération laisse entrevoir la possibilité qu’après des années de division et de querelles, les deux parties commencent à mettre le Brexit derrière elles.

Ce que nous avons pu démontrer à Poutine, c’est une force d’unité, agissant avec un but.

Depuis que la Russie a lancé son invasion il y a plus d’une semaine, la Grande-Bretagne a emboîté le pas à l’Union européenne, aux États-Unis et à d’autres alliés pour introduire des sanctions destinées à paralyser l’économie russe. Et les analystes ont noté le changement d’atmosphère.

 

L’UE et les Britanniques regardent la situation dans son ensemble. Nos intérêts fondamentaux trouvent un degré considérable d’alignement,

a déclaré Sophia Gaston, directrice de l’institut de recherche British Foreign Policy Group.

L’invasion russe est une menace si profonde pour le voisinage européen que l’Occident a relevé le défi. Ce qui s’est passé au cours des 10 derniers jours a été un rassemblement extraordinaire à tel point que cela pourrait devenir une bonne nouvelle pour l’Occident.

Une véritable surprise lorsque Johnson publiait l’an dernier sa stratégie pour une « Grande-Bretagne mondiale » post-Brexit. Stratégie qui mettait l’accent sur les liens britanniques avec les États-Unis et avec les pays d’Asie et du Pacifique. Mais qui disait très peu de choses sur la coopération avec ses voisins européens. Personne n’a d’ailleurs oublié l’affaire des sous-marins.

 

Un changement de cap

Pourtant, ces dernières semaines, Johnson et Truss ont de nouveau tourné leur attention vers le continent européen. Effectuant plusieurs visites dans les États baltes qui bordent la Russie. Ainsi qu’en Pologne. Cela signifie que bon nombre de leurs politiques, y compris les sanctions économiques, sont coordonnées à Bruxelles.

Et tandis que certains en Grande-Bretagne doutaient initialement que leurs voisins continentaux relèveraient le défi posé par Moscou, ils n’ont pu que constater le changement extraordinaire de la politique étrangère de l’Allemagne. Y compris ses décisions de suspendre le gazoduc Nord Stream 2. D’augmenter les dépenses militaires et de envoyer des armes en Ukraine.

L’Allemagne a pris des mesures courageuses,

a déclaré Truss aux législateurs.

Elle a transformé sa politique énergétique et sa politique de défense. Et nous avons assisté à un énorme soulèvement de l’opinion publique dans toute l’Europe.

Il y eut toutefois des divergences sur les sanctions. Les nations d’Europe continentale étant incapables de se sevrer rapidement de leur dépendance à l’énergie russe. Ou de couper certains des mécanismes de paiement. Alors que la Grande-Bretagne a poussé plus fort sur les mesures bancaires, elle a eu du mal à se débarrasser de l’influence des oligarques russes sur la vie britannique.

La question est désormais de savoir si la trêve entre Londres et Bruxelles peut perdurer au-delà de la guerre en Ukraine.

 
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