L’unité de l’Occident mise à l’épreuve face à la Russie

L’Occident s’est uni contre la guerre de la Russie contre l’Ukraine, plus rapidement et plus solidement que prévu. Mais, alors que la guerre s’installe dans un conflit prolongé qui pourrait durer des mois, voire des années, elle met à l’épreuve la détermination des pays occidentaux. Les responsables européens et américains se demandant si le bilan économique croissant érodera leur solidarité au fil du temps.

 

Des fissures encore superficielles

Le refus de la Hongrie de signer un embargo sur le pétrole russe, contrecarrant les efforts de l’Union européenne pour imposer une interdiction à l’échelle du continent. L’agitation à Paris, avec l’objectif de l’administration Biden d’affaiblir militairement le président russe. Un président Biden blâmant la hausse des prix de la nourriture et de l’essence.

Parallèlement, des signes de solidarité existent. La Finlande et la Suède se sont ainsi rapprochées de l’adhésion à l’OTAN, la Grande-Bretagne offrant aux deux pays des garanties de sécurité pour se protéger de la menace russe. À Washington, la Chambre a voté 368 contre 57 en faveur d’un programme d’aide de près de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine.

Et pourtant, les chars russes n’ont traversé la frontière ukrainienne « qu’il y a 76 jours ». Au fur et à mesure que les combats se poursuivent, l’effet en cascade sur les chaînes d’approvisionnement, les pipelines énergétiques et les récoltes agricoles se fait sentir plus intensément.

Selon certains experts, Poutine calcule déjà que l’Occident se fatiguera avant la Russie. Surtout si le prix de son soutien continu implique un taux d’inflation élevé. Des perturbations énergétiques, des finances publiques épuisées et des populations fatiguées.

 

Vers un long siège ?

La directrice du renseignement national de l’administration Biden, Avril D. Haines, a cristallisé ces doutes mardi, avertissant les sénateurs que Poutine partait pour un long siège. Et comptait sur l’affaiblissement de la résolution des États-Unis et de l’UE à mesure que les pénuries alimentaires, et l’inflation s’aggraveraient.

Poutine de son côté fait face à ses propres pressions intérieures. Des pressions récemment évoquées lors d’un discours sur la Place Rouge à Moscou, mais sans appeler à une mobilisation de masse ni menacer d’aggraver le conflit. Il a également précisé qu’il n’y avait pas de fin en vue pour cette prétendue campagne de la Russie pour débarrasser son voisin des « tortionnaires, des escadrons de la mort et des nazis. »

Et sur le terrain en Ukraine, les combats se transforment en une bataille prolongée. 

Le succès apparent de l’Ukraine à repousser les troupes russes à l’extérieur de Kharkiv, sa deuxième plus grande ville, semble avoir contribué à réduire les bombardements ces derniers jours. Alors même que la Russie progresse le long de certaines parties de la ligne de front dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine.

Alors bien sûr, une guerre prolongée mettrait à rude épreuve les ressources d’une armée russe qui a déjà subi de lourdes pertes en hommes et en artillerie. Mais il y a plus que cela.

Je m’inquiète de la fatigue occidentale,

a déclaré Michael A. McFaul, ancien ambassadeur américain en Russie. « C’est pourquoi les dirigeants du monde libre devraient faire plus maintenant, pour hâter la fin de la guerre. »

 

Des sanctions limitées

L’Occident, a-t-il ajouté, devrait imposer immédiatement une gamme complète de sanctions paralysantes. Plutôt que de les déployer par vagues croissantes, comme ils l’ont fait jusqu’à présent. 

Mais l’arrêt des négociations sur l’embargo pétrolier européen montre les limites de cette approche. Les ambassadeurs de l’Union européenne ont tenu une nouvelle réunion infructueuse à Bruxelles mercredi, sans parvenir à briser la résistance farouche d’un seul membre du bloc, la Hongrie.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui entretient des relations chaleureuses avec Poutine, a réduit à néant l’espoir d’unité en arguant qu’une interdiction du pétrole russe équivaudrait à une « bombe atomique » pour l’économie hongroise. Orban a continué à résister, malgré l’évocation de concessions qui donneraient plus de temps à la Hongrie pour se sevrer du pétrole russe.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s’est envolée pour Budapest pour tenter de le convaincre. Tandis qu’Emmanuel Macron lui a téléphoné.

Nous ne soutiendrons cette proposition que si Bruxelles propose une solution au problème créé par Bruxelles,

a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto. Ajoutant que la modernisation du secteur énergétique hongrois coûterait des milliards d’euros.

 

Et les États-Unis ?

À Washington, Joe Biden a rencontré moins de difficultés pour rassembler le soutien militaire et humanitaire nécessaire à l’Ukraine. 

Et pourtant, la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, aggravée par la guerre, constitue une véritable menace pour Biden. Le prix des denrées alimentaires a augmenté de 0,9% en avril par rapport au mois précédent. L’administration commence à être très préoccupée par l’approvisionnement alimentaire mondial.

La guerre de Poutine a coupé des sources critiques de nourriture. Nos agriculteurs aident sur tous les fronts. En réduisant le prix des aliments chez eux, en augmentant la production et en nourrissant ceux dans le besoin.

Reste à voir si les États-Unis pourront augmenter suffisamment la production agricole pour atténuer les pénuries. 

 
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