Le culte de la Bonne Mère : Comment cette icône religieuse est-elle devenue une véritable machine à argent ?

Le culte de la Bonne Mère : Comment cette icône religieuse est-elle devenue une véritable machine à argent ?

Depuis des siècles, Marseille voue un culte particulier à Notre-Dame de la Garde, surnommée affectueusement « la Bonne Mère » par les Marseillais. Cette icône religieuse surplombant la ville du haut de sa colline est non seulement un symbole de dévotion et de protection, mais elle est également devenue une véritable machine à argent, générant des millions d’euros chaque année. Comment une simple statue de la Vierge est-elle parvenue à susciter autant d’engouement et à générer autant de profits ?

L’histoire du culte de la Bonne Mère

Le culte de la Bonne Mère remonte au Moyen Âge, lorsque les marins marseillais, confrontés aux dangers de la mer, se sont tournés vers la Vierge Marie pour leur protection. Une première chapelle dédiée à Notre-Dame de la Garde a été construite au sommet de la colline au XIIIe siècle. Au fil des siècles, le culte s’est renforcé et la chapelle a été agrandie pour accueillir les nombreux pèlerins.

Mais c’est au XIXe siècle que le culte de la Bonne Mère a réellement pris son essor. En 1853, Napoléon III décide de faire ériger une basilique sur le site de la chapelle, afin de remercier la Vierge Marie pour la protection dont auraient bénéficié les Marseillais pendant une épidémie de choléra. La construction de la basilique Notre-Dame de la Garde est achevée en 1864 et devient rapidement un lieu de pèlerinage majeur.

Le tourisme religieux à Marseille

Aujourd’hui, la basilique de la Bonne Mère attire des milliers de visiteurs chaque année, qu’ils soient catholiques ou non. Le tourisme religieux est en plein essor à Marseille, et de nombreux visiteurs viennent spécifiquement pour admirer la statue de la Vierge et profiter de la vue panoramique sur la ville.

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Les retombées économiques de ce tourisme sont considérables. Les hôtels, les restaurants, les boutiques de souvenirs et les guides touristiques spécialisés dans les visites de la basilique profitent tous de cet afflux de visiteurs. La Bonne Mère est devenue une véritable attraction touristique, générant des revenus importants pour la ville et la région.

Le business autour de la Bonne Mère

Outre le tourisme, la Bonne Mère est également à l’origine d’un véritable business autour des produits dérivés. Les boutiques de souvenirs vendent des objets à l’effigie de la Vierge, tels que des statues, des figurines, des médailles ou encore des bougies. Les pèlerins et les touristes achètent ces souvenirs pour garder un souvenir de leur visite ou pour offrir en cadeau.

De plus, de nombreux artisans locaux ont développé des activités autour de la Bonne Mère. Des ateliers de fabrication de santons, ces petites figurines traditionnelles de Provence, ont vu le jour et proposent des créations uniques représentant la Vierge. Ces santons sont très prisés des collectionneurs et des amateurs d’art religieux, et sont vendus à des prix parfois très élevés.

Les dons et les offrandes

Enfin, le culte de la Bonne Mère repose également sur les dons et les offrandes des fidèles. Les visiteurs sont encouragés à faire des dons pour contribuer à l’entretien de la basilique et à l’organisation de différentes manifestations religieuses. Chaque année, des millions d’euros sont ainsi récoltés grâce à la générosité des fidèles.

Cependant, certains dénoncent cette « commercialisation » du culte et estiment que l’argent récolté devrait être utilisé de manière plus altruiste. Certains suggèrent de consacrer une partie des revenus à des actions caritatives ou à la préservation du patrimoine marseillais, plutôt qu’à l’enrichissement des acteurs économiques locaux.

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Le culte de la Bonne Mère à Marseille est un phénomène complexe, mêlant dévotion religieuse, tourisme et business. Cette icône religieuse est devenue une véritable machine à argent, générant des millions d’euros grâce au tourisme, à la vente de produits dérivés, aux dons et aux offrandes. Si certains critiquent cette commercialisation du culte, il est indéniable que la Bonne Mère contribue largement au développement économique de Marseille et de sa région.

Il est cependant important de veiller à ce que cet engouement économique ne prenne pas le pas sur la dimension spirituelle et la signification religieuse de la Bonne Mère. La préservation de ce patrimoine religieux et culturel doit rester une priorité, tout en trouvant un équilibre entre les intérêts économiques et les valeurs religieuses. Le culte de la Bonne Mère est un exemple unique de la manière dont la religion peut être à la fois un moteur économique et une source de dévotion pour les fidèles.

Marc Duteil Journaliste NewsFrance.org
Journaliste, Pigiste | Plus de publications

Né en 1965 à Toulouse, Bernard Duteil est un journaliste reconnu et respecté pour sa rigueur, son analyse pénétrante et son engagement indéfectible pour la vérité. Fils d'une enseignante et d'un avocat, il a grandi dans une atmosphère où l'importance de l'éducation, de l'éthique et de la justice étaient profondément enracinées.

Après avoir obtenu son baccalauréat en sciences humaines, il est entré à l'Université de Toulouse Jean Jaurès où il a obtenu une licence en communication et journalisme. A la fin de ses études, Bernard s'est lancé dans un voyage autour du monde qui a duré un an, nourrissant sa curiosité insatiable et forgeant sa perspective globale.

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Bernard a fait ses débuts journalistiques au "Nouvel Observateur", où il s'est rapidement distingué par son style d'écriture incisif et sa capacité à explorer en profondeur des sujets complexes. Par la suite, il a travaillé pour "Le Monde", où il a couvert des sujets allant de la politique internationale à la culture, avant de rejoindre "France Info" puis se dédier à l'écriture de pige pour plusieurs rédactions dont NewsFrance.org

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