Attentats du13 novembre : De « vivant parmi les morts » à « mort parmi les vivants »

En plein procès des attentats du 13 novembre, la France entière pense et panse encore aujourd’hui ses victimes.

Un par un, jour après jour, semaine après semaine, un flot continu de témoins s’est approché de la barre. Ils jouaient avec leurs masques ou mélangeaient des notes, certains avec des mains tremblantes.

Pendant plus de cinq semaines en octobre et novembre, au palais de justice du centre de Paris, plus de 300 survivants et membres de familles endeuillées ont témoigné sur les attentats du 13 novembre 2015. Cent trente personnes ont été tuées. Et des centaines sont des victimes qui souffre physiquement ou mentalement.

 

Les attentats du 13 novembre : un traumatisme durable 

La salle d’audience a écouté des souvenirs vocaux des attentats-suicides et des attentats à la bombe. C’est-à-dire, ceux perpétrés par les extrémistes de l’État islamique au Stade de France, aux restaurants et aux cafés. Ainsi qu’à la salle de concert du Bataclan.

Les plaignants étaient rarement dérangés. D’ailleurs, beaucoup ont demandé que les journalistes au tribunal n’utilisent pas leur nom de famille.

Les juges, les procureurs et les avocats ont posé peu de questions. En fait, l’accusé est resté en grande partie silencieux. Des dizaines et des dizaines de journalistes notaient ou croquaient.

Les témoins ont raconté un après l’autre, l’horreur de cette nuit et ses conséquences.Par exemple, Sophie Dias, 39 ans, qui était au Portugal pour préparer son mariage lorsque la nouvelle des attentats a éclaté. Elle a appelé à plusieurs reprises son père, Manuel Dias, un chauffeur de bus qui a amené des fans au stade. C’est ainsi, que M. Dias est la seule personne tuée au stade.

Gaëlle, 40 ans, qui gisait sur le sol du Bataclan, avec sa joue soufflée par une balle. Elle a dû ainsi, retirer des dents déplacées de sa bouche pour éviter de tousser et attirer l’attention d’un tireur. Elle a subi sa 40e opération en août.

Maya, 33 ans, qui a perdu son mari et deux de ses meilleurs amis au café de Carillon, son lieu de rendez-vous du vendredi. Les assaillants ont mitraillé la terrasse de balles. Lui touchant ainsi les jambes, alors qu’elle s’accroupissait pour se mettre à l’abri entre le caniveau et une voiture.

 

Colère et espoir

Le public est suspendu à chaque sanglot horrible, à chaque détail, à chaque histoire désastreuse, à chaque démonstration d’horreur, de tristesse, de résilience, de colère et d’espoir.

Seule une fraction des 2 400 plaignants a décidé de témoigner au procès. Où 20 hommes sont inculpés. En grande partie, en raison de la complexité des attaques. D’autres ne veulent rien avoir à faire avec la procédure.

Mais pour ceux qui ont témoigné, c’était pour mieux expliquer ou comprendre ce qui s’était passé. Affronter leurs traumatismes ou l’accusé. Mais aussi, récupérer leurs histoires après des années d’annonces et de politique qui ont suivi les attentats.

Pour faire un pas de plus vers la reconstruction de leur vie.

Nous étions des gens ordinaires.

A déclaré Arthur Dénouveaux, président de Life for Paris. un groupe de victimes du 13 novembre. Nous voulons redevenir nos gens ordinaires.

Lydia Berkennou, 32 ans, s’est échappée du Bataclan en rampant sur un sol mouillé de sang. Elle avait déjà raconté son histoire en public, mais le procès était différent.

Comme un saut à l’élastique dans le vide.

A-t-elle déclaré.

 

Le procès des attentats : un moyen pour les survivants d’être acteurs de leur destin

Mais le procès est un bon moyen pour les survivants des attentats d’être acteurs de leur destin. D’être ainsi reconnus comme de vraies personnes et non des symboles sans visage. 

Malgré leurs difficultés, la majorité des plaignants n’ont manifesté aucune haine. 

J’étais un vivant parmi les morts. Mais maintenant je suis mort parmi les vivants.

A déclaré un survivant.

 

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