Le coût de la vie en tête des préoccupations françaises

Devant Lidl. Isabelle Martin, assistante maternelle d’un village de la Creuse, charge dans sa voiture des œufs, du sucre et du lait à prix réduit. Avec la hausse du coût de la vie, la femme de 55 ans ne peut plus se permettre de remplir un chariot complet. Et évite de se rendre à Guéret, la ville la plus proche.

 

Je pense constamment à mon solde bancaire

déclare t-elle. À la maison, elle éteint les lumières et coupe le chauffage. Sur la route, elle ne remplit jamais entièrement le réservoir d’essence de sa voiture parce que le coût serait aberrant.

Comment ne peut-il pas y avoir un état d’esprit de révolte ?

Les inquiétudes concernant le pouvoir d’achat sont devenues la principale préoccupation des électeurs français avant l’élection présidentielle.

Le gouvernement affirme pourtant que le portefeuille de la population est nettement plus garni depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Le Trésor estime que le revenu disponible brut a grandi deux fois plus vite sous Macron que sous ses deux prédécesseurs. Aidé par les baisses d’impôts et la création d’emplois.

Et pourtant. Parce que le coût de l’alimentation et du carburant augmente, et parce que les coûts fixes tels que le logement, les assurances, l’énergie et les factures de téléphone représentent une part importante des budgets français, les électeurs ressentent un sentiment de lutte quotidienne. Au total, 69% de la population estiment que leur pouvoir d’achat s’est détérioré au cours du mandat de Macron.

La semaine dernière a été marquée par une grève nationale liée aux salaires. Et le blocus des dépôts de carburant par des professionnels en colère. Si Macron est réélu le mois prochain, on peut se demander s’il ne devra pas faire face à une autre forme de mouvement de protestation sociale comme celle des gilets jaunes. Une colère liée initialement aux taxes sur le carburant et au coût de la vie. Et qui s’est transformée en une révolte antigouvernementale généralisée.

 

Les retombées du conflit ukrainien

Quant à la guerre, Macron a d’ores et déjà déclaré que ses retombées pourraient entraîner des pressions inflationnistes plus élevées. Tout en promettant de protéger les ménages.

Pour amortir l’impact de la hausse des prix des matières premières et du pétrole avant les élections, le gouvernement a déjà introduit une série de mesures.

  • Plafonnage de la hausse des prix du gaz et de l’électricité.
  • Accord d’aides financières ponctuelles aux ménages à faible revenu.
  • Remise sur le carburant de 15 centimes le litre.

Isabelle Martin a bien reçu le chèque de 100 € du gouvernement pour aider à faire face à la hausse du coût du carburant en décembre. Mais il a été instantanément absorbé par les factures.

La Creuse rurale dans laquelle elle réside est en effet l’un des départements les plus pauvres. Dans son village de La Pionnat, la fermeture d’une route oblige les villageois à faire un détour de 8 km. Ce qui se révèle particulièrement paralysant face au coût du carburant.

Son mari, Bruno, mécanicien indépendant, craint un fort taux d’abstention.

Les riches se rendront tous aux urnes. Les pauvres sont tellement dégoûtés qu’ils ne votent même pas.

Sur le trottoir, devant le bureau du préfet local, des slogans ont été peints à la bombe.

 

Macron, ton peuple meurt de faim.

déclare l’un deux.

Dans une station service locale, Jean, 73 ans, a garé sa Skoda. Les pensions sont si basses qu’il lui faut continuer à travailler. Il a voté pour Macron en 2017 mais ne le fera plus. « Les salaires sont bas et les gens se sentent étouffés. »

Pascaline Bon, 44 ans, vit dans un hameau de la Creuse et est accompagnatrice scolaire auprès d’enfants à besoins spécifiques. Elle s’est mise en grève la semaine dernière au sujet des salaires et a manifesté avec son syndicat. « Par ici, si nous devons parcourir 25 à 35 km pour aller au travail, la moitié de notre salaire est dépensée en carburant. Nous sommes à découvert le cinquième jour du mois. »

Face à Macron, Marine Le Pen est en tête en partie parce qu’elle s’est concentrée sur le coût de la vie. Et ce qu’elle appelle « l’appauvrissement de la population. » Elle a notamment promis un supplément de 150 à 200 € par mois pour chaque foyer en réduisant la TVA sur le carburant. Et en augmentant les crédits d’impôt pour les familles.

Si les gilets jaunes, en tant que mouvement coordonné, ont disparu, les facteurs qui ont conduit à leurs protestations existent toujours. La colère gronde encore parmi les personnes à revenus faibles et moyens. 

A Bordeaux, Anne Lauseig, 50 ans, dirige un collectif d’aides-soignants qui milite pour une meilleure reconnaissance et rémunération. « Nous aimons le travail que nous faisons. Mais certains d’entre nous peuvent à peine payer l’essence pour se rendre au travail. Certains vont dans des banques alimentaires ou dorment dans leur voiture. J’attends que le frigo soit vide avant d’acheter un peu de nourriture. Je ne suis pas sûre que le gouvernement soit conscient de la colère et de l’injustice que ressentent les gens. »

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