À l’approche des élections, c’est Macron contre la droite

Voilà une élection présidentielle inhabituelle qui se profile déjà dans sept semaines. Sans candidat de gauche crédible. Face à un électorat désabusé laissant planer la possibilité d’un taux d’abstention élevé. Avec un favori incontesté qui n’a même pas encore annoncé sa candidature.

Ce favori, c’est Emmanuel Macron, qui a choisi de rester au-dessus de la mêlée, reportant sa décision d’officialiser sa candidature jusqu’à la date limite du 4 mars. 

 

Le spectacle des partis politiques

Confortablement installé dans son perchoir centriste, Macron a vu la droite et l’extrême droite se déchirer. Au centre des débats notamment, l’immigration et la sécurité qui ont largement repoussé d’autres thèmes, du changement climatique à la dette croissante que la France a accumulée dans la lutte contre la crise du coronavirus.

« Appeler votre enfant ‘Mohammed’, c’est coloniser la France », déclare Éric Zemmour, qui a transformé sa notoriété de commentateur télé en une plateforme anti-immigrés.

Lui seul, dans son récit, s’interpose entre la civilisation française et sa conquête par l’islam. Et a « réveillé » le politiquement correct américain. Comme l’ancien président Donald J. Trump, Zemmour utilise la provocation constante pour rester au top de l’actualité.

Macron, lui, conserve une nette avance dans les sondages, qui lui donnent environ 25 % des voix au premier tour. Là où Zemmour, Le Pen et Pécresse se situent entre 12 et 18 %. Les partis de gauche, éclatés, sont à la traîne et apparaissent pour l’instant comme des spectateurs virtuels. Une première depuis la fondation de la Ve République en 1958.

La France, qui penche généralement à droite, a vacillé.

 

La gauche a perdu les classes populaires.

Beaucoup se sont déplacées vers l’extrême droite parce qu’elles n’avaient pas de réponse sur l’immigration et l’islam,

déclare Pascal Bruckner, auteur et philosophe politique.

C’est donc Macron, contre la droite.

Fort de l’idée qu’il a vaincu la pandémie et aiguillé l’économie à travers ses défis, Macron apparaît plus fort aujourd’hui. L’économie a progressé de 7% au dernier trimestre. Le chômage n’est qu’à 7,4%. La levée des mesures Covid-19 avant l’élection est une étape symbolique, mais qui fonctionne.

Macron semble ainsi incarner à la fois ce qui reste de la démocratie sociale en France, jadis l’apanage d’un Parti socialiste aujourd’hui sous assistance respiratoire, et des politiques adoptées par la droite. Telles que sa fermeté à l’égard de ce qu’il a appelé « le séparatisme islamiste. »

Un souplesse qui ne plaît pas à tout le monde. François Hollande, dans son livre, le décrit comme une grenouille sautillant d’un nénuphar à l’autre.

 

Une bataille féroce au sein de la droite

Le cœur de l’élection est donc devenu une féroce bataille, droite contre droite, pour un passage au second tour face à Macron.

Du côté de Marine Le Pen, on s’acharne contre Zemmour alors même que le Rassemblement National est en train de vaciller. 

Zemmour de son côté l’a ridiculisée pour avoir tenté de faire la distinction entre l’islamisme extrémiste et la foi elle-même. Il l’a attaquée pour ne pas avoir adopté l’idée du grand remplacement, conduisant à ce que Zemmour appelle la « créolisation » des sociétés.

Face à tout cela, le président se montre confiant de ses chances contre Le Pen, déjà battue au second tour en 2017. Ou contre Zemmour, bien que celui-ci se maintiennent malgré les scandales.

Paulette Brémond, retraitée, a voté Macron en 2017. Désormais, elle hésite entre le président et Zemmour.

La question de l’immigration est grave. J’attends de voir ce qu’en dira Macron. Il n’ira probablement pas aussi loin que Zemmour, mais s’il a l’air efficace, je voterai peut-être à nouveau pour lui. 

Et dans tout cela, pour certains, c’est la possibilité d’un second tour contre la candidate républicaine Valérie Pécresse qui reste la plus préoccupante. Diplômée de la même école d’élite que Macron, Valérie Pécresse pourrait faire appel au second tour aux électeurs de la gauche qui n’ont plus confiance en Macron.

Tout peut encore arriver. Une guerre européenne, un nouveau variant du virus, une autre attaque terroriste majeure…Mais pour l’instant, le jeu de Macron semble fonctionner.

En l’absence de catastrophe, je ne vois pas comment il pourrait ne pas être réélu,

ajoute Bruckner. Là encore, la vraie campagne ne débutera que lorsque le président descendra enfin dans la turbulente arène.

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