Élisabeth Borne : De pupille de la Nation à Premier Ministre

Lors de son premier voyage officiel, la semaine dernière, en tant que nouveau Premier ministre français, Élisabeth Borne a été interrogée sur les rêves qu’elle nourrissait lorsqu’elle était jeune.

« J’étais attirée par les sciences, » a t-elle déclaré, lors d’une discussion sur les opportunités d’emploi et l’égalité des sexes avec les habitants des Mureaux, au nord-ouest de Paris. Une longue et étonnante histoire.

 

Un parcours difficile

Quand votre parcours de vie est difficile, comme l’était le mien… Il y avait quelque chose de rassurant dans les sciences.

Le père de Borne, Joseph Bornstein était un juif, membre de la résistance dans la France occupée par les nazis. Rescapé de la déportation à Auschwitz, il se suicidera alors qu’Élisabeth Borne n’a que 11 ans. L’entreprise pharmaceutique de ses parents à Paris fait faillite, interrompant brusquement la vie bourgeoise de la famille. Et jetant Élisabeth, sa sœur et leur mère dans une situation financière difficile.

Elle sera plus tard nommée « pupille de la Nation ». Un statut accordé aux mineurs dans le cas du décès d’un ou des deux parents, dans des circonstances exceptionnelles. La guerre par exemple, ou un attentat terroriste. Les bénéficiaires se voient alors octroyer des aides pour couvrir les frais d’éducation et de subsistance.

Élisabeth excelle très tôt en mathématiques. Elle rejoint des écoles d’ingénieurs d’élite comme l’École Polytechnique. Accède à des postes de direction à la mairie de Paris, à la régie du métro parisien et dans d’autres institutions de premier plan. Discrète et appliquée, elle est connue pour maîtriser les subtilités techniques du gouvernement. Et pour être extrêmement exigeante avec ses subordonnés.

Elle dirigera désormais le gouvernement sous le président Emmanuel Macron, dont le nouveau cabinet a été annoncé la semaine dernière après sa réélection le mois dernier.

 

L’oncle de Borne, Isaac, a été déporté avec son père. Décédé en 2016, il donnera avant sa mort un récit détaillé de l’histoire de la famille dans un entretien enregistré par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et l’Institut national de l’audiovisuel. Il s’y rappelle les grands-parents d’Élisabeth Borne, fuyant l’antisémitisme de la Pologne pour la Belgique dans les années 1920. 

La famille se retrouve sans papiers, dans la ville de Nîmes, puis à Grenoble où Isaac et Joseph sont arrêtés et envoyés dans une section de travaux forcés du camp d’Auschwitz-Birkenau. Leur père et leur frère cadet, également emmenés, n’en reviendront jamais.

Borne s’est exprimée avec parcimonie sur son passé, et son bureau ne s’est laissé aller à aucun commentaire. Son parcours a toutefois constitué le moteur d’une persévérance ciblée. Et de la croyance que l’État joue un rôle clé dans la promotion de la mobilité ascendante.

Si la République n’avait pas été à mes côtés, je ne serais certainement pas là.

Selon Nicolas Lebourg, historien et politologue français, le passé du nouveau Premier ministre résonne parce qu’il illustre l’intégration.

Vous avez une histoire qui vous mène, en deux générations, d’étrangers arrêtés par la police française à Premier ministre.

« Elle est très intelligente. Très compétente et très rationnelle, » ajoute Anne-Marie Idrac, ancienne ministre des transports. « C’est quelqu’un qui fait confiance aux chiffres et aux données. »

Interrogée par le Journal du Dimanche sur ses premières pensées après sa nomination, elle répondra : « J’ai pensé à mon père. » Une page de mémoire collective que l’histoire de Borne mettra encore en lumière.

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