Emmanuel Macron marche sur des œufs avec l’Ukraine

Tensions avec l’Ukraine. En 2019, Emmanuel Macron invitait le président Vladimir Poutine à sa résidence présidentielle d’été, à Brégançon. Il était alors question de réinventer « une architecture de sécurité » entre l’Union européenne et la Russie. Avant de déclarer que l’OTAN avait subi une « mort cérébrale.»

C’est n’est plus un secret après ses récentes déclarations, le dirigeant français aime la provocation. Il déteste la paresse intellectuelle. Malgré tout, le rejet apparent de l’alliance occidentale et l’inclinaison vers Moscou restent étonnants. La Pologne a notamment exprimé son inquiétude.

 

Le dialogue avec la Russie n’est pas un pari. C’est une approche qui répond à une nécessité.

, a déclaré vendredi un haut responsable de la présidence, après que M. Macron et M. Poutine aient parlé au téléphone durant plus d’une heure.

Plus tard dans la journée, Emmanuel Macron s’est entretenu avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Une décision qui a placé le dirigeant français précisément là où il cherche à l’être, avant une élection présidentielle en avril. Au cœur de la diplomatie de crise sur l’avenir de l’Europe.

Et Macron est sur la bonne voie. Il veut montrer que l’Europe a un rôle central à jouer pour désamorcer la crise. Démontrer son propre leadership européen à ses électeurs. S’assurer que l’Allemagne et plusieurs États européens sceptiques soutiennent sa vision stratégique ambitieuse. Et éviter de donner aux États-Unis des raisons de douter de son engagement envers l’OTAN.

 

Il veut se tailler un rôle à part pour lui-même et pour l’Europe. Dans l’Otan mais aussi à sa périphérie,

a déclaré Nicole Bacharan, chercheuse à Sciences Po à Paris. 

Jusqu’à présent, Macron semble avoir suivi la ligne du parti. La coopération avec les États-Unis a été intense et bienvenue. Le président s’est impliqué dans la rédaction de la réponse américaine ferme aux demandes russes que l’Occident coupe sa présence militaire en Europe de l’Est. Et garantisse que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN. Une réponse jugée inadéquate par le Kremlin. Macron a notamment précisé qu’en tant qu’État souverain, l’Ukraine a le droit inaliénable de faire ses propres choix quant à son orientation stratégique.

Pourtant, l’envie de Macron de façonner, à partir de la crise, un certain réalignement de la sécurité européenne qui tienne davantage compte des préoccupations russes est palpable.

Le responsable français a évoqué la nécessité d’un nouvel ordre sécuritaire en Europe. Provoqué en partie par la décomposition de l’ancien. Et cette décomposition, c’est un peu le traité de l’OTAN lui-même qui l’a amorcée, en stipulant qu’une attaque contre un État membre était « considérée comme une attaque contre tous ».

Vision dédaigneuse de l’ancien président Donald J. Trump à l’égard de l’OTAN, que l’administration Biden s’est efforcée de rectifier. 

 

Macron-Poutine : Une vision commune ?

Poutine et Macron ont en effet une chose en commun. Ils pensent tous les deux que l’architecture de sécurité de l’après-guerre froide en Europe doit être repensée.

Le dirigeant russe veut se défaire des conséquences de l’effondrement soviétique, qu’il a qualifié de « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ». Repousser l’OTAN des pays anciennement contrôlés par les Soviétiques. Et se consacrer à l’idée d’une sphère d’influence russe qui limiterait l’indépendance d’un pays comme l’Ukraine.

La volonté de Macron, bien que moins claire, inclut le développement d’une forte capacité de défense européenne. Et un nouvel ordre de stabilité qui impliquerait la Russie.

Nous devons le construire entre Européens, puis le partager avec nos alliés dans le cadre de l’OTAN. Et puis, nous devons le proposer à la Russie pour négociation.

Et forcément, l’idée que l’Europe négocie sa posture stratégique avec Poutine met quelque peu mal à l’aise les nations européennes plus proches que la France de la frontière russe.

 

Compte tenu du pivot américain vers l’Asie, il est désormais dans l’intérêt de l’Europe de développer un dialogue avec la Russie. Et d’éviter un partenariat russo-chinois renforcé. L’approche de Macron envers Poutine est cohérent avec les relations qu’il entretient déjà avec d’autres personnalités. Le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi et le prince héritier Mohammed ben Salmane d’Arabie saoudite par exemple.

Des hommes dont les opinions sur les droits de l’homme et la démocratie libérale sont très éloignées des siennes, avec la conviction qu’il peut les faire avancer.

Jusqu’à présent, les résultats sont apparus dérisoires, tout comme le fut la brève tentative de forger un lien avec Trump.

Les opinions du président français sur l’importance cruciale de l’État de droit et du respect des droits de l’Homme ont été une constante de sa politique. L’annexion de la Crimée ne sera jamais acceptée par la France. 

Macron a également manœuvré efficacement pour renforcer l’accord de cessez-le-feu négocié dans l’est de l’Ukraine en 2015. L’objectif français dans la crise est clair. La « désescalade.

Si le président peut être considéré comme ayant joué un rôle central dans la réalisation de cet objectif, il renforcera sa position lors des élections, où il est actuellement en tête des sondages. Ce dialogue entame toutefois son capital politique aux États-Unis et dans les pays européens anti-russes. 

Pour autant, Macron persiste et signe. Il est convaincu que l’Europe doit être refaite pour tenir compte d’un monde qui a changé. Un degré de fascination mutuelle qui semble le lier à Poutine.

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