Les violences du premier meeting d’Éric Zemmour assombrissent la campagne électorale

Eric Zemmour n’a pas fini de s’en prendre aux immigrés, à l’islam et même à la presse. En effet, lors de son premier meeting de campagne dimanche, des violences ont éclaté dans les derniers rangs de la gigantesque salle du parc des expositions de Villepinte.

 

SOS Racisme au meeting d’Eric Zemmour

Le candidat à la présidence française d’extrême droite vient de commencer son discours quand la scène dégénère, au milieu de 12 000 militants. Mais un groupe d’activistes de l’organisation SOS Racisme s’est installé sur des chaises pour exposer des tee-shirts avec le message « non au racisme ».

La réaction a été immédiate. Alors que le personnel de sécurité tentait de les faire sortir de la pièce, de nombreux partisans ont commencé à les agresser.

Je suis là pour une action pacifique, je veux dénoncer la violence d’un discours raciste.

Témoigne une membre de l’association, ensanglantée.

Lors de ce rassemblement, plusieurs journalistes sont contraints de sortir de la salle à cause de menaces.

Dans ses premiers propos sur l’atmosphère inhabituelle de violence de son rassemblement, Zemmour a confirmé mardi qu’il condamnait « toute violence ». Mais il a ajouté qu’il ne se sentait « pas du tout responsable », car les militants antiracistes n’avaient « rien là-bas ».

Il y a des gens qui viennent pour faire de la provocation, ils viennent. Ils savent très bien qu’ils vont énerver les gens qui sont là. Mais ils viennent pour ça et ils le font pour que les médias disent ‘oulala’ les autres sont méchants.

Explique Zemmour face à Jean-Jacques Bourdin, mardi matin, dans une interview sur BFM TV.

 

Des journalistes agressés

Edwy Plenel est président et cofondateur du Pureplayer. C’est pourquoi il a annoncé ce lundi que Mediapart ainsi que deux de ses journalistes ont déposé plainte pour violences et menaces après cette rencontre.

Le procureur de la République de Bobigny, Eric Mathais, a indiqué lundi qu’une information judiciaire avait été ouverte sur « la série d’actes de violence commis lors du rassemblement ». Pour un total de 60 gardes à vue. 

Dans sa déclaration, le procureur a indiqué qu’il leur avait été proposé de se plaindre des violences qu’ils avaient commises.

Ainsi, au moins une des militantes, Dora a porté plainte en son nom et au nom de l’association. En effet, des vidéos, d’une violence effarante, montrent à la France entière les partisans de Zemmour lui porter des coups de poing.

 

 

Nous nous attendions à des huées, même si cela nous dérangerait un peu. Ou que la sécurité nous forcerait. Mais nous ne nous attendions pas à ce que certains commettent eux-mêmes de telles violences (…) C’est le genre de personnes que Zemmour rassemble lors de ses meetings. Et plus tard pour ses actions.

 

Les agents de la sécurité remercient les agresseurs

Dans plusieurs enregistrements, on entend les agents de la sécurité remercier les agresseurs.

Merci, nous sommes heureux de savoir que nous pouvons compter sur vous (…) Sans vous, ce serait compliqué.

 

Zemmour agressé à son meeting

Une deuxième information judiciaire, ouverte pour « violences préméditées », porte sur le suspect qui a agressé Zemmour. En effet, alors que le polémiste d’extrême droite fait son entrée dans la salle, un homme se projette en avant afin de le saisir au niveau du cou et des épaules. Comme le montrent les images relayées par son équipe de campagne.

Le médecin qui a examiné le candidat d’extrême droite en loge a établi un certificat de neuf jours d’incapacité totale de travail après son agression. Le parquet de Bobigny a annoncé retenir cette qualification.

L’homme en question, âgé de 27 ans est aussitôt pris en charge par le service d’ordre. Puis interpellé par la police dans la foulée. Le candidat est apparemment blessé au poignet lors de l’agression.

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