Emmanuel Macron affrontera Marine Le Pen lors du second tour

Le président sortant Emmanuel Macron affrontera Marine Le Pen lors du second tour des élections présidentielles. Après comptabilisation des votes, c’est Macron qui reste en tête avec environ 28% des voix contre 24% pour Le Pen. La candidate a notamment bénéficié d’une poussée tardive des intentions de vote, reflet d’une désaffection généralisée face à la hausse des prix, la sécurité et l’immigration.

 

Le poids de l’actualité

Alors que la guerre fait rage en Ukraine et que l’unité occidentale risque d’être mise à l’épreuve à mesure que les combats se poursuivent, la solide performance de Le Pen a démontré l’attrait durable des courants nationalistes en Europe. Les partis extrêmes de droite et de gauche ont obtenu quelque 51 % des voix. Signe clair de l’ampleur de la colère et de la frustration des Français.

Macron, après une campagne terne, entre donc au second tour en tant que favori. Après avoir fait légèrement mieux que ne le suggéraient les derniers sondages d’opinion. 

 

De son côté, Le Pen est progressivement parvenue à assouplir sa traditionnelle ligne de conduite. Tout du moins, sa conviction farouche que les Français devraient être privilégiés par rapport aux étrangers. Et qu’il vaudrait mieux tirer le rideau sur la France en tant que « terre d’immigration. »

Je remettrai la France dans l’ordre,

a-t-elle déclaré aux partisans enthousiastes. Appelant tous les Français à la rejoindre dans ce « choix de civilisation » dans lequel la « prépondérance légitime de la langue et de la culture françaises » serait garantie. Et la pleine « souveraineté rétablie dans tous les domaines. »

Plutôt proche de Poutine, Le Pen s’est également empressée ces dernières semaines de les minimiser. Evoquant plutôt la division croissante, l’injustice et le désordre.

 

Vers le second tour

Arrivé 1h30 après l’annonce des résultats, Macron s’est lui aussi présenté face à ses partisans.

Je veux une France dans une Europe forte, qui maintienne ses alliances avec les grandes démocraties pour se défendre. Pas une France qui, hors d’Europe, aurait pour seuls alliés l’International populiste et xénophobe. Ce n’est pas nous. 

A ceux qui estiment que tout est joué d’avance, Macron assure : « Ne nous y trompons pas. Rien n’est décidé, et le débat que nous aurons dans les 15 prochains jours est décisif pour notre pays et pour l’Europe. »

La semaine dernière, dans une interview donnée dans le quotidien Le Parisien, Macron qualifiait Marine Le Pen de « raciste d’une « grande brutalité. » Ce à quoi Le Pen avait riposté, affirmant que les propos du président étaient « scandaleux et agressifs. » Et que la favorisation des Français par rapport aux étrangers était « la seule politique morale, légale et admissible. »

Les voici face à face à débattre de l’avenir de la France. A l’heure où la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne et la fin de la longue chancellerie d’Angela Merkel en Allemagne ont imposé une charge particulière au leadership français.

Le second tour, le 24 avril, a déjà comme un goût de déjà-vu. En 2017, Macron avait battu Marine Le Pen avec 66,9 % des voix contre 33,1 %. Le résultat final cette fois devrait être beaucoup plus proche. 

 
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