Macron nomme une femme Premier ministre

Le président Emmanuel Macron a nommé lundi Élisabeth Borne, la discrète ministre du travail et ancienne ministre de l’environnement, comme son nouveau Premier ministre. Conformément à sa promesse de donner la priorité aux questions environnementales lors de son second mandat. Et au souhait de longue date de choisir une femme pour ce rôle.

 

Législatives en vue

A quelques semaines des élections législatives, le choix d’une femme et particulièrement de Mme Borne, longtemps considérée comme proche du Parti socialiste, est censé attirer les électeurs de gauche. Leur soutien contribuera à déterminer le poids du président au Parlement. 

Macron avait exprimé son désir de nommer une femme au poste de Premier ministre dès la campagne présidentielle de 2017. Mais son échec à le faire jusqu’à présent, ainsi que la distribution entièrement masculine du premier niveau de pouvoir autour de lui, ont souvent été critiqués. 

Politiquement, le choix de Borne est un nouveau départ. Les précédents premiers ministres de Macron, ayant été tous deux issus de la droite traditionnelle. 

Borne, fonctionnaire de carrière, n’a jamais occupé de mandat électif et n’est pas considérée comme nourrissant des ambitions politiques. Comme son prédécesseur immédiat Jean Castex, Borne ne devrait pas devenir un Premier ministre fort. Laissant à Macron le plein effet sur le Parlement si son parti gagne le mois prochain.

 

En route vers le second mandat 

Pour rappel, Macron avait remporté son second mandat avec 58,5 % des voix, face à Marine Le Pen. Le président avait alors rapidement promis une réinvention de son leadership. Jurant d’accorder une plus grande attention aux problèmes des jeunes et aux préoccupations environnementales. Et de s’éloigner de l’exercice du pouvoir « jupitérien », du haut vers le bas, qui était devenu sa marque de fabrique.

Et l’on peut dire qu’il se sera accordé le temps de la réflexion avant de nommer un nouveau Premier ministre. Alimentant des semaines de spéculations sur le nouveau gouvernement.

Borne, 61 ans, faisait déjà partie des favoris. Elle se présentera aux élections législatives de juin, dans le Calvados en Normandie. Et est considérée comme une centriste compétente qui ne s’aliénera pas trop d’électeurs de part et d’autre du clivage gauche-droite de la France.

Gravitant autour du gouvernement Macron depuis son élection en 2017, passant à l’environnement après les transports, puis aux questions sociales, elle devra être le fer de lance de la transition verte de la France. Tout en jonglant avec le projet controversé de relèvement de l’âge légal de la retraite.

 

Une femme au pouvoir

Borne, qui a étudié à la prestigieuse École Polytechnique et travaillé dans plusieurs grandes entreprises et institutions politiques françaises, est un produit typique de la méritocratie élitiste française. En tant que ministre des Transports, elle a mené avec succès une refonte de la compagnie nationale des chemins de fer en 2018, malgré des grèves généralisées.

Ce n’est pas le pays qui est chauvin, c’est sa classe politique,

raconte Édith Cresson, seule autre femme à avoir occupé ce poste entre 1991 et 1992, dans le Journal du Dimanche.

Selon Cresson, la France est une exception malheureuse en Europe, où des politiciens comme Angela Merkel et Margaret Thatcher ont dominé la politique de leur pays pendant des décennies. Elle se souvient avoir été la cible d’un barrage incessant d’attaques sexistes, y compris sur ses tenues, après avoir été nommée par François Mitterrand, alors président socialiste français.

Ce sont les mêmes attaques qu’aujourd’hui contre les femmes politiques actuelles.

 

Le ralliement de la gauche ?

Du côté des opposants de gauche, on s’attend à ce que Macron revienne rapidement aux politiques pro-entreprises de son premier mandat, une fois les élections législatives terminées.

Macron a encore des élections à venir. Le loup doit agir comme un mouton,

a déclaré François Ruffin, député du parti de gauche France Insoumise. « Une fois qu’il aura la majorité à l’Assemblée nationale, le loup redeviendra un loup. »

Contrairement à de nombreux pays européens, où l’exécutif est souvent choisi par les partis qui contrôlent le plus de sièges au Parlement, les premiers ministres français sont nommés directement par le président.

A deux reprises, Macron a choisi des politiciens peu connus plutôt que des poids lourds établis qui auraient été plus difficiles à contenir.

En 2020, Macron a échangé son Premier ministre de trois ans, Edouard Philippe, pour Jean Castex, technocrate relativement inconnu qui avait aidé à piloter la France à travers la première vague de la pandémie de Covid-19. Philippe était alors devenu l’un des hommes politiques les plus populaires de France.

Dans la pratique, le Premier ministre est généralement chargé d’exécuter les grandes lignes de la volonté du président. Bien qu’il soit toujours un membre important de l’exécutif, à la tête de la formidable bureaucratie française.

Ce n’est que dans une situation où les opposants politiques au président l’emportent aux élections législatives qu’ils peuvent forcer la nomination d’un Premier ministre et la refonte d’un cabinet. Une situation que Jean-Luc Mélenchon espère créer en juin, avec une large victoire de la gauche.

Mais les « cohabitations », comme on appelle ces périodes avec des présidents et des premiers ministres opposés, sont rares. Ils ne se sont produits que trois fois dans l’histoire moderne de la France. Et sont devenus moins probables en 2000, lorsque la durée des mandats présidentiels a été ramenée à cinq ans au lieu de sept. Et que le calendrier des élections présidentielles a été synchronisé avec les élections législatives.

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