Début du procès du meurtre de Mireille Knoll. Une femme juive de 85 ans

Début du procès du meurtre de Mireille Knoll. Une femme juive de 85 ans

Deux hommes comparaissent devant le tribunal de Paris pour le meurtre antisémite de Mireille Knoll. 85 ans. Mireille Knoll avait fui Paris, plus jeune, en 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour échapper aux rafles antisémites.  

 

Qui sont les meurtriers de Mireille Knoll ?

Yacine Mihoub, 31 ans, et Alex Carrimbacus, 25 ans, se sont connus en prison alors qu’ils purgeaient des peines pour vol, violence et agression sexuelle. Ils sont aujourd’hui accusés d’avoir exécuté Mme Knoll. Puis d’avoir mis le feu à son appartement. Mais il se rejettent la responsabilité du meurtre.

Le procès de la vieille femme tuée à coups de couteau dans son appartement en 2018, est ouvert depuis mardi devant la cour d’assises de Paris. Le procès devrait durer jusqu’au 10 novembre.Le tribunal pourrait les condamner à la réclusion à perpétuité. S’ils sont reconnus coupables d’homicide sur personne vulnérable en raison de son état physique. Ou encore pour meurtre antisémite, si  on retient le motif de sa foi juive

 

Qui était Mme Knoll ?

Mme Knoll vivait seule et souffrait de la maladie de Parkinson. Le 23 mars 2018, les pompiers découvrent son corps en partie carbonisé, en travers de son lit médicalisé, les jambes ballantes. Le corps de Mme Knoll, âgée de 85 ans et qui ne peut pas se déplacer seule, est lardé de 11 coups de couteau. Notamment à la gorge.

Mme Knoll a fui Paris en 1942 pour le Portugal avec sa mère à l’âge de neuf ans. Échappant ainsi, de peu à la rafle du Vél d’Hiv. Où la police française a embarqué des familles juives entières  pour le compte des autorités nazies.

En effet, environ 13 000 personnes, dont plus de 4 000 enfants, ont été amenées au vélodrome de Drancy. En banlieue nord-est de la capitale française, en 1942. Ses familles ont ensuite été déportées à Auschwitz. D’où moins de 100 sont revenues.

Cet horrible assassinat arrive un an après le meurtre d’une autre femme juive à Paris, Sarah Halimi. Âgée de 65 ans, elle a été jetée par la fenêtre de sa maison. Le meurtre de Mme Knoll a soulevé d’autres questions sur l’échec de la France à lutter contre l’antisémitisme.

Les deux suspects s’accusent mutuellement de la mort de Mireille Knoll. Et ont d’ailleurs changé à plusieurs reprises leurs histoires.

Il faudra un miracle pour que la vérité sorte de leur bouche.

Déclare Maître Gilles-William Goldnadel, au début du procès. L’avocat du fils de la victime.

 

Mihoub ou Carrimbacus ?

Maître Goldnadel a déclaré que les preuves contre le couple étaient contradictoires. Qualifiant le meurtre d’antisémitisme odieux. Ainsi, le fils de Mme Knoll, Daniel, a déclaré aux journalistes à l’extérieur de la salle d’audience que les hommes étaient des « monstres ». C’est pourquoi les proches s’attendent à une peine très sévère.

Daniel Knoll a confié à la radio RMC qu’il n’était pas sûr de pouvoir tourner la page. Même après le verdict.

J’espère que plus tard je me sentirai libre. Mais je ne sais pas.

Nous attendons que la vérité soit connue. Mais je ne sais pas si nous allons l’obtenir.

A-t-il déclaré.

Le président Emmanuel Macron a assisté aux funérailles de Mme Knoll en 2018. C’est à cette occasion qu’il a déclaré à l’époque qu’

Une femme innocente et vulnérable a été assassinée parce qu’elle est juive… Et, ce faisant, nos valeurs sacrées et notre histoire a été violé.

 

Carrimbacus était sans adresse fixe à l’époque. De plus, il avait des antécédents psychiatriques. Soit, des problèmes de santé mentale. 

Quant à Mr Mihoub, c’était le fils d’un voisin de Mireille Knoll. C’est pourquoi il connaissait la victime depuis son enfance. Il parle ainsi d’un « stratagème d’argent ».

Selon le rapport de police lu au tribunal, Carrimbacus a affirmé que Mihoub avait tranché la gorge de Knoll en criant « Allahu Akbar ». À la suite d’une violente dispute, dans laquelle il l’accusait d’avoir appelé la police au sujet de son comportement plusieurs années plus tôt.

 

Meurtre antisémite ou non ?

Un magistrat a décidé de traiter le meurtre comme un crime de haine antisémite. Après que Carrimbacus a déclaré que Mihoub avait parlé « de l’argent juif ». De « la richesse des juifs ».

L’enquête a également révélé que Mihoub avait une attitude « ambiguë » en vers l’extrémisme islamique. Mais l’avocat de Mihoub, Charles Consigny, a déclaré que :

L’antisémitisme » n’est qu’un prétexte. Carrimbacus a inventé une cause… Et les procureurs n’ont pas eu le courage de la laisser passer sous la pression publique.

Le meurtre était le dernier d’une série d’attaques qui ont suscité des inquiétudes quant à la montée de l’extrémisme islamique. En 2012, un agresseur islamiste a abattu trois enfants et un enseignant dans une école juive de Toulouse.

Trois ans plus tard, un homme armé a tué quatre personnes dans un hypermarché casher à Paris. Quelques jours après la mort de 11 personnes au magazine de Charlie Hebdo. Halimi a été tué en 2017 avec un voisin criant « Allahu Akbar »…

 

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